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L’IA dans la supply chain en 2026 : les chiffres derrière l’engouement

Jul 13, 2026 8 min

La confiance dans l’IA appliquée à la supply chain n’a jamais été aussi élevée. Pour autant, la prise de décision autonome reste encore peu répandue.

Selon notre rapport 2026 State of the Supply Chain, 67 % des responsables supply chain déclarent faire davantage confiance à l’IA que l’an dernier. À l’inverse, seuls 3 % affirment lui faire moins confiance. Pourtant, seuls 10 % sont prêts à confier à l’IA des décisions critiques sans intervention humaine.

Ces résultats montrent que, si l’intérêt pour l’IA continue de croître, les outils d’IA agentique doivent encore faire leurs preuves avant que les planificateurs ne soient prêts à leur confier des décisions sans supervision.

Fig. 1: Si la confiance dans l’IA progresse, 54 % des répondants préfèrent conserver une intervention humaine dans le processus de décision.

L’écart de confiance dans l’adoption de l’IA suit un schéma connu

La progression récente de la confiance dans l’IA suit la courbe classique de l’adoption des nouvelles technologies : une poignée d’innovateurs ouvre la voie, la majorité leur emboîte ensuite le pas, avant que les plus réticents ne finissent, eux aussi, par rejoindre le mouvement. L’IA dans la supply chain semble suivre la même trajectoire : son adoption évolue selon les mêmes mécanismes que les précédentes grandes innovations technologiques.

La confiance dans l’IA appliquée à l’optimisation de la supply chain est en partie alimentée par la familiarisation avec les interfaces en langage naturel, aussi bien au travail que dans la vie personnelle. Les premiers usages produisent déjà des gains de productivité tangibles. Même si les bénéfices à l’échelle de l’entreprise restent encore limités, les équipes perçoivent désormais beaucoup plus clairement le potentiel de l’IA dans leur quotidien.

Ainsi, selon le rapport, 71 % des répondants prévoient d’investir dans l’IA générative au cours des trois à cinq prochaines années, soit une hausse de 12 points de pourcentage par rapport à 2025. Rien d’étonnant au vu de la popularité de ChatGPT, Claude et des autres outils d’IA générative.

L’investissement dans d’autres formes d’IA est également en hausse : 60 % des répondants prévoient d’investir dans l’IA prédictive (soit une progression de 17 points de pourcentage par rapport à 2025). À ce stade, seules 32 % des entreprises déploient activement des solutions d’IA. Mais tout indique que ce chiffre devrait progresser rapidement à mesure que la technologie gagne en maturité et en crédibilité.

En résumé : les organisations passent de l’expérimentation à un déploiement opérationnel, avec des cas d’usage de l’IA ciblés et concrets.

Fig. 2: La confiance dans l’IA générative et prédictive progresse, et un tiers des entreprises investit déjà activement dans l’IA.

Où l’IA agentique apporte une réelle valeur ajoutée dans la planification de la supply chain

Les entreprises les plus avancées voient émerger une nouvelle génération d’applications : l’IA agentique directement intégrée aux logiciels de planification. L’IA agentique est capable de raisonner au sein de processus complexes faisant intervenir de multiples parties prenantes. Trois domaines se prêtent particulièrement bien à son utilisation.

Optimisation des achats

Dans les centres de distribution, les achats donnent lieu à d’innombrables échanges entre acheteurs, fournisseurs et équipes internes. Les informations sont dispersées entre les e-mails, les ERP et d’autres systèmes, tandis que les prix évoluent en permanence. Pour prendre les bonnes décisions, il faut être capable de croiser ces données, de les interpréter et d’en tirer des recommandations pertinentes.

En confiant ce travail de coordination à l’IA, les entreprises peuvent réaliser des économies sur leur fonds de roulement, jusqu’alors masquées par les inefficacités du processus.

Un IBP en continu

Le cycle mensuel de planification intégrée des activités (IBP) est depuis longtemps une pratique incontournable dans l’industrie, mais aussi une source de frustration chronique. Depuis des décennies, les équipes passent des semaines à consolider des tableurs et des présentations pour préparer des réunions qui s’appuient déjà sur des données en partie dépassées.

L’IA agentique peut transformer cette approche. Là où elle est déjà déployée, cette fonctionnalité réconcilie en continu les signaux de demande, les contraintes de capacité et les objectifs financiers, en quasi-temps réel, et met en évidence les écarts avant qu’ils ne se transforment en problèmes majeurs. L’IBP ne devient plus un rendez-vous mensuel, mais un processus continu. Les planificateurs disposent en permanence d’une vision partagée et actualisée de l’activité, au lieu d’un instantané déjà dépassé au moment où il est produit.

Analyse des causes profondes en mode autonome

Quand une prévision est manquée ou qu’un fournisseur est défaillant, identifier la cause profonde nécessite traditionnellement plusieurs jours de travail manuel : extraction de données issues de plusieurs systèmes, filtrage du bruit et reconstitution de la chaîne causale étape par étape. Un processus chronophage, propice aux erreurs, qui détourne les planificateurs de leurs décisions prospectives.

L’IA agentique prend en charge l’analyse et le traitement des données, identifie l’action à mener et applique directement les modifications nécessaires. L’attention des planificateurs est ainsi préservée pour les exceptions qui nécessitent réellement un jugement humain, plutôt que d’être mobilisée pour reconstituer ce qui a dysfonctionné il y a deux semaines.

Fig. 3: Les entreprises pionnières intègrent l’IA agentique directement dans leurs logiciels de planification, pour assister l’analyse et la prise de décision.

Qu’en est-il des entreprises qui n’ont pas de projet IA ?

Si la majorité des organisations prévoient d’investir dans l’IA, un petit groupe d’entreprises n’envisage toujours pas de le faire. Notre enquête révèle que 15 % des répondants n’envisagent pas d’intégrer l’IA à leur gestion de la supply chain. Mais ce chiffre mérite d’être nuancé : ce groupe est loin d’être homogène.

L’IA, c’est bien plus que des chatbots avancés

Certains répondants qui affirment ne pas utiliser l’IA y ont peut-être déjà recours sans le savoir. Quand on pense à l’IA, on l’associe souvent uniquement à l’IA générative. La popularité des LLM (grands modèles de langage) a contribué à réduire la perception de l’IA à cette seule technologie. Beaucoup ignorent, par exemple, que RELEX utilise une forme spécialisée d’IA depuis ses débuts, il y a plus de vingt ans.

Les entreprises sont accaparées par leur survie

Si certains ignorent qu’ils investissent déjà dans l’IA, d’autres n’ont tout simplement pas les moyens d’adopter de nouvelles technologies. Leur réticence tient moins à une question idéologique qu’à un manque de ressources : de nombreuses entreprises du retail, du commerce de gros et de l’industrie luttent aujourd’hui pour leur survie.

Quand une entreprise lutte pour rester à flot, ses équipes n’ont ni le temps ni les ressources nécessaires pour envisager des transformations de grande ampleur. Elles n’ont pas non plus le luxe de penser à long terme : il est difficile de se projeter à cinq ou dix ans lorsque la priorité est de passer le mois suivant.

Avancer lentement dans un monde qui change vite

Il faut aussi garder à l’esprit que de nombreuses entreprises de la supply chain ont longtemps privilégié une approche prudente, et que cette stratégie leur a plutôt réussi. Si elles ont vu d’autres innovations émerger puis disparaître sans avoir eu besoin de les adopter, pourquoi se précipiteraient-elles aujourd’hui sur l’IA ?

Il est toutefois fort probable que les 15 % de responsables supply chain qui n’ont pas de projet IA changent rapidement d’avis. Notre enquête révèle que 86 % d’entre eux sont déjà confrontés à des perturbations majeures liées aux politiques commerciales. Face à un contexte marqué par des perturbations et une volatilité devenues permanentes, l’ensemble du secteur sera vraisemblablement contraint d’explorer de nouvelles approches.

L’augmentation des capacités est une étape, pas une finalité

Aujourd’hui, la façon la plus répandue d’intégrer l’IA dans l’optimisation de la supply chain repose sur une collaboration entre l’humain et l’IA : les outils formulent des recommandations et les planificateurs décident des actions à mettre en œuvre. 54 % des répondants déclarent privilégier cette approche, tandis que seuls 10 % se disent prêts à laisser l’IA prendre certaines décisions de manière autonome. Rien de surprenant, compte tenu du niveau actuel d’adoption de l’IA dans le secteur.

Mais le véritable ROI viendra de l’automatisation. L’augmentation des capacités constitue une étape de transition naturelle, mais elle n’est pas une finalité. C’est en automatisant progressivement la prise de décision que les entreprises réaliseront les gains les plus importants. Et cette évolution ne se fera pas du jour au lendemain.

Le passage à l’automatisation se fera progressivement. Il est naturel de vouloir éprouver une nouvelle technologie avant de lui confier des décisions en toute autonomie. Mais à mesure que l’IA démontrera sa capacité à prendre les bonnes décisions seule, les planificateurs lui délégueront progressivement certaines tâches, sans avoir à intervenir en permanence.

Fig. 4: L’approche hybride est actuellement la plus répandue pour l’IA agentique : l’IA formule des recommandations, tandis que l’humain conserve la décision finale.

Le coût de l’inaction face à l’IA

Les entreprises qui choisissent de rester à l’écart de cette transformation risquent de voir leurs concurrents prendre une longueur d’avance.

Les entreprises qui adoptent l’IA aujourd’hui prennent de meilleures décisions, plus rapidement, et réduisent considérablement leurs délais de mise sur le marché. À l’inverse, celles qui tardent à franchir le pas risquent de se retrouver face à des concurrents plus agiles, capables de mieux servir leurs clients tout en proposant des prix plus compétitifs.

Pour de nombreux acteurs du secteur, la meilleure stratégie consiste à investir dans ces technologies émergentes sans attendre. À défaut, il est essentiel de rester ouvert à leur adoption afin de ne pas se laisser distancer par la concurrence.

Découvrez comment les entreprises les plus avancées s’adaptent à cette nouvelle donne. Le rapport RELEX 2026 State of the Supply Chain s’appuie sur les réponses de plus de 500 responsables supply chain issus du retail, du commerce de gros et de l’industrie afin de comprendre comment les entreprises font face aux perturbations, comment leurs stratégies évoluent et quels défis restent à relever.

Ecrit par

Max Forsius

Directeur de produit, AI Innovations